La Ressourcerie des Bassins
Récupérer les déchets de la mer, et le montrer
- École
- ENSAB — École Nationale Supérieure d'Architecture de Bretagne
- Programme
- Ressourcerie, ateliers, auditorium et habitats flottants
- Lieu
- Bassins de Saint-Malo
- Encadrement
- Hervé Perrin, Éric Schneider
- Réalisé avec
- Anaëlle Lebaut, Léa Maufrais
- Jury
- Duncan Lewis
- Cadre
- Projet d'atelier
- Niveau
- Licence 3
- Année
- 2021
C’est par la réinterprétation du travail de Land Art sur la fissure que ce projet prend vie. L’implantation stratégique en bord de mer fait la relation et redonne du lien entre l’intra-muros et la Timac. Notre intervention vise à rendre piéton cette partie des bassins, obligeant ainsi les automobilistes à les contourner pour passer de l’autre côté.
Le volume en L de l’édifice, où l’intériorité se trouve du côté de la Timac, a été établi en différents temps. Évidé en différentes percées visuelles, qui redonnent à voir la confrontation entre les deux rives montrant ainsi leur dualité, le bâtiment se scinde en plusieurs parties dans lesquelles viendront se loger les éléments du programme. Un parcours renvoyant à la fissure joue sur les notions de pleins et de vides, d’aérien et de flottant.
Le but de cette ressourcerie est de récupérer les déchets de la mer pour les recycler. En plus de son usage fonctionnel, notre parti pris est de lui apporter une valeur pédagogique : elle montre donc le parcours du matériau, de son arrivée jusqu’à sa transformation finale, dans le but de sensibiliser au tri, au recyclage et à l’impact de la pollution notamment dans les océans.
C’est donc un établissement qui accueille du public tout en assurant un service tertiaire dans l’usine. Dans cette logique, les espaces de manutention sont ouverts au public pour observer les différentes étapes par lesquelles passent les déchets.




Le parcours
Le visiteur suit un parcours imposé par l’architecture du bâtiment. Tout d’abord, il rentre par l’accueil et là, un grand hall s’ouvre à lui. En contournant un large patio, il emprunte un couloir par lequel il démarre son parcours. Ce début de visite est marqué par un passage à l’extérieur devant une salle pédagogique. Par l’escalier devant lui, il accède à une passerelle qui longe l’auditorium et il observe la placette en contrebas en bordure de bassin, un réel lieu de vie.
Contraint par le parcours à avancer, le visiteur rentre dans un nouveau bâtiment où un escalier le dirige sur le toit. En plus de profiter du bar rooftop, il déambule dans des expositions éphémères à ciel ouvert qui visent à le sensibiliser aux enjeux liés à la pollution. Une exposition sur panneaux, qui vise à sensibiliser aux effets néfastes de la pollution dans les fonds marins, est installée sur le toit.
Guidé par la « fissure », qui se manifeste par des vitres en verre sur le sol du toit, il rentre alors dans la billetterie, puis la visite commence. Premier lieu de halte, où le visiteur observe la zone de déchargement bateaux, véhicules, et la zone de stockage extérieur. Ensuite, par une passerelle suspendue, il traverse la zone de tri intérieur qui se déploie en contrebas.
En repassant par l’extérieur, il accède à la zone de stockage intérieur où les déchets sont soigneusement rangés dans des box. Cette passerelle, à la forme saccadée, renvoie à la fissure par laquelle le visiteur circule en toute sécurité sans gêner le fonctionnement de la partie usine. Cela l’amène aux ateliers de bricolage et de réparations, au bureau de contrôle, puis aux laboratoires de recherches et de fabrication, espaces qui précèdent l’auditorium où sont visionnés des documentaires et où s’organisent des conférences. Organisé dans un volume bleu à la forme d’un paquebot, il prend place dans une autre entité. Sa couleur, qui ressort dans cet édifice sombre, appelle de loin.
Dans un deuxième temps, à mi-parcours, c’est à l’extérieur que la suite s’organise. Le visiteur peut alors faire une pause sur la terrasse extérieure du restaurant installé sur la placette. Une fois la nuit tombée, la fissure se révèle et brille en s’échappant du bâtiment. Ce chemin lumineux joue sur les sensations du visiteur. Il se déploie également sur l’eau, sur une passerelle flottante, où des aménagements ludiques sont intégrés.
La passerelle agit également comme un ponton où se raccrochent les habitats flottants des scientifiques et des artistes qui y résident le temps de leur séjour. Ces dispositifs leur offrent une certaine liberté et de l’autonomie, ce qui leur permet de se détacher de la ressourcerie.
Pour rester dans une démarche écoresponsable et respecter nos convictions environnementales, une attention particulière est portée aux matériaux de construction, que nous souhaitions bio-sourcés et/ou recyclables. L’apparence sombre, fermée et massive — pour que la fissure se démarque mieux — est obtenue par des murs isolés en blocs de chanvre installés dans une structure poteau-poutre en métal, avec pour finition un enduit à l’argile anthracite et des tôles perforées qui peuvent être recyclées.
Les bateaux sont fabriqués en bois brûlé, qui nécessite peu d’entretien et possède une bonne résistance. Son aspect sombre renvoie au bâtiment à quai et crée une unité. Le sol reste minéral, mais pour contrer l’imperméabilisation des sols, il est composé de pavés fabriqués à base de coquillages. Le sol respire, ce qui évite de créer un îlot de chaleur.








